Mutation d'un paysage

Une performance graphique de l’utilisateur sur une maquette préparée en « map painting ». L’utilisateur découvre le paysage d’Argentière d’aujourd’hui. Il est invité à dessiner, à la craie, sur la maquette, les éléments du paysage d’il y a 100 ans. Il compare enfin son dessin à la représentation du paysage d’Argentière de 1890. Cette installation s’appuie sur les photos anciennes collectées par le CREA Mont-Blanc et sur une photo actuelle, ainsi potentiellement à terme sur des modélisations futures du paysage.

 

Maquette interactive de l'équipe Mutations de paysage, Mont-Blanc Lab 2017 © NMorisot

Maquette interactive de l'équipe "Mutations d'un paysage", Mont-Blanc Lab 2017 © NMorisot

 

L'équipe

L'usager :      Marie-Claire Dufrêne
Le communicant :  Louise Stokart
L'expert : Brad Carlson
Le codeur : Théo Lechémia
Le maker :      Vincent Spiandore
L'artiste :      Nathalie Cauvi

Facilitateur: Cyrille Carillon

Les bases de données valorisées

- Photos aériennes
- Cartes des glaciers
- Cartes historiques de l’IGN
- Modèles numériques de terrain

L'utilisateur

Tout public – à priori des personnes non sensibilisées, à convaincre de l’intérêt des recherches sur les écosystèmes de montagne.

Détails du projet

Un dispositif qui allie la haute technologie vidéo (high tech) et la manipulation tactile (low tech).

Une maquette du relief du glacier d’Argentières et de ses alentours, sur laquelle une image (mi-carte, mi-photo satellite) du paysage est projetée : technique du map painting. La maquette est recouverte d’une couche de peinture ardoise, sur laquelle il est possible de dessiner à la craie (performance graphique).

Le dispositif doit permettre à l’utilisateur de solliciter ses connaissances, sa sensibilité, son imagination, pour qu'il s'interroge sur l’évolution du paysage (le site d’Argentière, son glacier, ses forêts, son village...) au fil du temps, en fonction notamment des changements climatiques.

En dessinant sur ses parois (lien sensoriel et physique), il peut ressentir la montagne comme une pierre vivante ; découvrir comment le paysage change très vite (100 ans, une vie, c'est vite passé).

Ceci doit éveiller sa curiosité sur d'autres évolutions possibles ou probables, avec les explications apportées par un expert, à l'issue de l'expérimentation.

Objectifs

Inviter le visiteur à proposer des hypothèses par une intervention manuelle, graphique, lien sensoriel et physique avec la montagne

Éveiller la curiosité quant à d’autres évolutions dues aux changements climatiques

Initier aux phénomènes géomorphologiques

Comprendre l’évolution de la géomorphologie locale et l’évolution du climat

Scénario utilisateur

J’arrive devant une maquette qui représente un relief montagneux et sur laquelle une image est projetée. J’apprends qu’il s’agit du paysage d’Argentière d'aujourd’hui. L’image s’estompe peu à peu pour laisser place à une esquisse de fond de carte. J’entends que je suis invité à découvrir comment le glacier d’Argentière était il y a 100 ans.

J’apprends que la montagne est une ardoise et que des craies sont à ma disposition, pour dessiner la zone du glacier (en bleu), des forêts (en vert), du village et des stations de ski (en rouge). Je m’interroge : « des stations de ski en 1890 ? »

Je fais savoir au médiateur ou à l'expert présent dans la salle que j'ai terminé mon dessin et suis prêt à découvrir le paysage d’Argentière en 1890.

Une nouvelle image apparaît peu à peu, qui se superpose à mon dessin. Je découvre qu'en 1890, le glacier était plus grand/moins grand/disposé différemment... par rapport à ce que j'ai dessiné. Idem pour les forêts, le village et... bien sûr, il n'y avait pas de station de ski !   

Le médiateur m'apprend que le glacier a rétréci énormément avec le temps, il m'en explique les causes. Il détaille aussi les conséquences sur la forêt, l'extension progressive du village et plus largement, du peuplement dans la vallée (pourquoi les gens venaient y habiter, les ressources disponibles...).

Les perspectives de développement futur

- Proposer l’expérience « à domicile », via une application : un modèle 3D sur lequel l’utilisateur est invité à dessiner via une application dessin et une tablette graphique ;

- Développer les scénarios : agrandir la zone, proposer d'autres sites (voire le massif tout entier), d'autres dates... pour permettre d'autres comparaisons. Éventuellement, proposer des scénarios du futur (dans ce cas, importance accrue des explications et interprétations de l’expert) ;

- Projeter des textes/photos/interventions d'un ou plusieurs experts sur les côtés latéraux de la maquette : plus d’explications (évolution du climat, évolutions géomorphologiques...), de photos anciennes... Anecdotes liées à la comparaison des situations.

Moyens utilisés (outils, matériaux, techniques)

La maquette

Relief : morceaux de polystyrène de récupération, collés et sculptés. Le relief est recouvert d’une sous-couche d’acrylique blanche (équivalent Gesso) mélangée à de la farine (pour obtenir l’épaisseur du Gesso), de mousse expensive et d’une couche de peinture ardoise ; craies de couleur bleue (glacier), rouge (habitat), vert (forêts) ;

Projection

Deux images réalisées à partir de photos satellites (retravaillées au niveau de la texture), géo localisées à partir de données cartographiques ; projecteur suspendu verticalement au-dessus de la maquette. Technique du map-painting. Pour utiliser l’image et la projeter sur un modèle numérique de terrain, on a utilisé les SIG avec le logiciel ArcGis et ArcScene (3D)

 

 

 

Cheminements de la construction du projet (choix et points abandonnés)

Matériaux envisagés puis abandonnés : carton (maquette avec courbes de niveaux) ; fil de fer, pierre (matériau brut, qui représente la base géologique « immuable », portée symbolique du cairn : esthétique, mais quid du poids, de la distorsion de la projection...) ;

Installation-sculpture autour de laquelle on pourrait tourner ;

Peinture veleda pour recouvrir le relief (pas disponible, temps de séchage trop long);

Interaction par reconnaissance de mouvement (kinex) ;

Représenter les principales courbes de niveau en relief dans la maquette (à la place : via la projection);

Utiliser le scanner 3D pour scanner notre structure et mapper l’image 2D sur la maquette. On fait des tests de scannage 3D, et d’utiliser le logiciel MadMapper pour projeter l’image 3D sur la maquette. Choix de ne pas utiliser cette solution

Avoir des textures plus travaillées.